Le secteur de l'énergie possède une particularité que peu d'autres secteurs possèdent : on y mesure déjà en permanence. Données de mesure des compteurs intelligents, chiffres de production des actifs propres, données de consommation des installations, facteurs d'émission qui diffèrent selon le vecteur énergétique et selon la source. Là où un prestataire de services doit encore vérifier si des données existent tout court, une entreprise énergétique se noie souvent dans des données déjà présentes. La question n'est pas tant de savoir si le chiffre existe, mais lequel des cinq systèmes qui l'enregistrent est le bon, et si ces cinq systèmes utilisent la même définition d'une unité de mesure.
C'est un piège différent de celui des secteurs où les données de durabilité doivent être récupérées auprès de partenaires externes. Ici, le problème réside dans l'abondance et la fragmentation : systèmes SCADA, plateformes de gestion des données de comptage, ERP pour le volet financier, feuilles de calcul distinctes pour les estimations du scope 3 de la chaîne de valeur. Chaque système a sa propre vision de ce que représente un point de données, et personne n'a établi quelle source correspond à quel point de rapportage.
Au sein des entreprises énergétiques, deux types de données se mélangent sans avoir la même origine. Les données de production et de consommation proviennent généralement de systèmes opérationnels conçus avant tout pour l'exploitation, pas pour le rapportage. Les données d'émission, en revanche, sont souvent calculées après coup, avec des facteurs de conversion qui diffèrent selon la source, selon l'année et selon le cadre de rapportage. La majeure partie des discussions sur la qualité des données dans ce secteur ne porte pas sur la mesure elle-même, mais sur la traduction de la valeur mesurée en chiffre d'émission : quel facteur, quelle période de référence, quelle hypothèse.
Cela rend la traçabilité (lineage) particulièrement importante ici. Un chiffre du rapport de durabilité intitulé « émissions totales de CO2 » peut être composé d'un relevé de compteur, d'un facteur d'émission issu d'une base de données externe, et d'une correction manuelle dans une feuille de calcul. Sans origine consignée à chaque étape, il est impossible de déterminer si un écart par rapport à l'année précédente résulte d'un changement de production, d'un facteur modifié, ou d'une erreur de transfert entre systèmes.
Dans les entreprises énergétiques, les données relèvent rarement d'un seul service. Les données de mesure opérationnelles relèvent de la gestion des actifs ou du service technique. Les données financières et de consommation relèvent de la finance ou du contrôle de gestion. Les estimations du scope 3 relatives aux fournisseurs et aux clients relèvent souvent des achats ou du service durabilité lui-même, qui ne produit pas ces données mais doit néanmoins en rendre compte. Savoir qui est propriétaire d'un point de données n'est donc pas une question technique mais organisationnelle : qui peut expliquer l'origine, qui peut effectuer une correction, qui atteste de l'exactitude.
Cette répartition de la propriété des données se retrouve aussi dans d'autres secteurs comptant de nombreux actifs techniques. Les similitudes avec l'endroit où se trouvent les données de durabilité dans le secteur de la construction sont plus grandes que prévu : là aussi, les données de mesure relèvent d'un service technique et les données d'émission d'une fonction distincte, avec peu de coordination entre les deux. Dans le secteur de l'installation technique, on observe un schéma comparable, où les données opérationnelles relatives aux installations sont déconnectées du cycle de rapportage constitué ultérieurement à partir de celles-ci.
Une entreprise énergétique qui acquiert un outil de rapportage pour cette fragmentation obtient un tableau de bord plus clair portant sur la même origine incertaine. Le tableau de bord affiche un chiffre, mais la question de savoir si ce chiffre provient du bon compteur, a été corrigé avec le bon facteur, et a été contrôlé par la bonne personne, reste sans réponse. L'outil ajoute une couche par-dessus le problème, il ne constitue pas une solution au problème.
Ce qui aide réellement, c'est de d'abord établir quel point de données provient de quelle source, par quelles étapes intermédiaires il atteint le point de rapportage, et qui est responsable de chaque étape. Il s'agit d'un registre, pas d'un tableau de bord : une liste de points de données avec leur origine, leur propriétaire et les règles selon lesquelles la qualité est évaluée. Ce n'est qu'une fois ce registre établi qu'un outil de rapportage dispose de quelque chose de fiable sur lequel s'appuyer.
Les entreprises énergétiques comptant plusieurs divisions — production, distribution, vente au détail — se heurtent à une complication supplémentaire : le même terme signifie quelque chose de différent dans chaque division. La « consommation » côté distribution n'est pas le même chiffre que la « consommation » côté vente au détail. Pour cette question, il est utile de consulter quels points de données sont réellement nécessaires lorsque plusieurs unités opérationnelles font du rapportage, et où un point de données existe peut-être déjà auprès d'une autre unité opérationnelle avant de le reconstituer. Réutiliser une source déjà existante et validée est souvent plus rapide que de mettre en place une nouvelle mesure.
Dès que le registre des points de données est établi — avec l'origine, le propriétaire et la règle de qualité pour chaque point —, une visibilité apparaît également sur le travail qui se cache derrière : qui collecte, qui contrôle, qui corrige, et quelle part de ces étapes est routinière. C'est à ce stade que le [scan de travail](https://ftetoai.com) de FTE TO AI devient pertinent : il calcule, tâche par tâche, quelle part du travail peut être reprise par l'IA, sur la base des tâches issues du registre des points de données plutôt que d'une estimation préalable.
Le Data Readiness Scan pour le secteur de l'énergie est en cours de développement. Toute organisation souhaitant faire établir son registre de points de données dès sa disponibilité peut s'inscrire sur la liste d'attente.
Vraag maar waar een datapunt vandaan komt. Dat is meestal de hele vraag.
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